Portrait n° 5 : Julie-Victoire Daubié, la première bachelière

Dossier : Il était une fois l’école…

6 octobre 2012 à 13:22 par 

Égalité homme-femme, droit de vote des femmes, droit à l’éducation. Depuis plusieurs siècles, des femmes se battent pour l’égalité des droits. Souvent, elles sont peu connues. 1jour1actu te propose une série de portraits de femmes qui ont marqué l’histoire. Le cinquième portrait est consacré à Julie-Victoire Daubié.

Portrait n° 5 : Julie-Victoire Daubié, la première bachelière

Sur cette photo, tu peux un des rares portraits de Julie-Victoire Daubié. La photo est très vieille ! Elle a été prise au milieu du XIXe siècle, lorsque la photographie commence à se développer. (© Arielle KREBS)

Le portrait de Julie-Victoire Daubié :

Je m'appelle

Julie-Victoire Daubié.

Je suis née

Le 26 mars 1824 à Bains-les-Bains, dans les Vosges. Je suis la dernière de huit enfants. Mon père est caissier. Je n'ai pas le temps de le connaître, car il meurt quand j'ai un an.

C'est ma mère qui m'élève, avec mes frères et sœurs. Grâce à eux, j'apprends le latin et le grec. Ce qui me sera très utile au cours de ma vie. Après l'école, j'obtiens mon certificat d'aptitude pour enseigner.

Mon métier

À 20 ans, je deviens la gouvernante des enfants d'une famille de papetiers (qui fabriquent et vendent du papier) à Arches. Je m'occupe de leur éducation et de leurs loisirs. Mais, en plus, j'écris des articles pour les grands journaux de mon époque tel que Le Temps.

Mon activité préférée

Apprendre, écrire et me battre pour mes droits ! Je consacre tout mon temps à lire des ouvrages littéraires et scientifiques, des journaux, des revues pour apprendre. Mais, ce qui m'intéresse le plus, ce sont les livres qui traitent de la place de la femme dans la société. À mon époque, la femme n'a pas beaucoup de droits. Elle ne peut rien faire toute seule et est considérée comme inférieure à l'homme. Je ne suis pas d'accord avec ça. Je décide alors de consacrer ma vie à la lutte pour les droits et l'émancipation des femmes. Je suis une des premières féministes françaises.

Ce que j'ai fait

Je commence par donner des conférences sur la place de la femme dans la société. Je milite aussi dans des associations pour les défendre. Ce qui me révolte le plus, c'est que les femmes n'aient pas le droit d'étudier. J'ai toujours rêvé d'être professeur de littérature. Mais pour y parvenir, je dois d'abord passer le baccalauréat. À mon époque, aucune femme n'a jamais été diplômée, car il leur était interdit de se présenter aux examens. Il est hors de question pour moi de baisser les bras ! Je dépose d'abord ma candidature auprès de l'Académie de Paris. Cette dernière refuse. Heureusement, l'Académie de Lyon finit par accepter.

Le 17 août 1861, j'obtiens mon baccalauréat avec la mention « honorable ». À 37 ans, je suis la première femme bachelière. C'est un grand pas pour l'amélioration des droits de la femme dans la société. Ma réussite ne plaît cependant pas à tout le monde. Il faudra que j'attende encore plusieurs mois, et que l'impératrice Eugénie intervienne en ma faveur, avant d'obtenir mon diplôme.

Je continue ensuite mes études de lettres. Malheureusement, les femmes ne sont pas autorisées à suivre les cours à l'université. Je dois donc m'instruire et réviser seule. Cela ne m'empêche de réussir. Le 28 octobre 1871, je suis diplômée en licence de lettre.

Mon engagement en faveur de l'enseignement me vaudra l'honneur de rencontrer Jules Ferry.

Je suis aussi une des toutes premières suffragettes françaises, ces femmes qui militent pour avoir le droit de vote, comme les hommes.

Je meurs en 1874, alors que je prépare un doctorat sur la condition de la femme dans la société romaine.

Mon livre

J'ai écrit plusieurs livres, mais le plus célèbre est celui qui me fera connaître auprès du public, en 1859 : La Femme pauvre au 19e siècle. Il parle de la condition de vie des femmes de mon époque.

Mon nom figure…

Sur 15 écoles maternelles et primaires, de France ! La plupart des gens m'ont oubliée. Cela peut se comprendre, parce qu'aujourd'hui, filles et garçons peuvent passer le bac. En 2011, plus de 50 % des bacheliers étaient des filles.

Sources utilisées : Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France, d'Agnès Thierce, Éducation nationale

Le quiz du jour :

Julie-Victoire Daubié

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Vos réponses sont surlignés ci-dessous.
Question 1
En quelle année Julie-Victoire Daubié obtient-elle son baccalauréat ? 
A
En 1871.
B
En 1874.
C
En 1861.
Question 2
Qu'étudie Julie-Victoire Daubié ?
A
Les Sciences.
B
Les Lettres.
C
L'Histoire.
Question 3
Pour quoi milite Julie-Victoire Daubié ?
A
Pour le droit de votes des hommes.
B
Pour le droit des femmes à rester à la maison.
C
Pour le droit de vote des femmes.
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Malala Yousafzai, une écolière.

George Sand, une écrivaine.

Alexandra David-Néel, une exploratrice.

Simone Veil, une femme politique.

Marie Curie, une scientifique.

Nicole Abar, une sportive.

Rosa Parks, une militante contre le racisme.

chacha - le 23/05/13 à 23h46

Elle est très intelligente 😳 ❓ ❓ ❗ 💡 🙄 😆 😥 😯 😎 😕 😐 😡 😮 😛 🙁 😀 😉 🙂

Eudes - le 21/04/13 à 16h12

Votre fiche est super mais j'y relève une petite erreur. Julie-Victoire ne s'est jamais inscrite au bac à Paris mais uniquement à Lyon ou elle avait des appuis sûrs depuis le concours organisé par Arlès Dufour en 1859. (elle l'écrit elle-même dans sa correspondance avec l'anglaise E.Garret : ...''car j'ai pu être admise, l'année dernière, à l'examen du baccalauréat, par la Faculté des lettres de Lyon, sans faire de demande exceptionnelle...'' Quant à Jules Ferry, Vosgien comme elle, ils ont travaillé ensemble à la commission de l'enseignement quand Ferry était maire de Paris en 1870/1871. cordialement E2 😀

-Alicette- - le 11/02/13 à 20h40

Mon collège s'appelle Victoire Daubié!

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