Aux Jeux olympiques de 1992, alors que les autres enfants regardaient à la télé les exploits de leurs idoles, Gautier Makunda (8 ans), lui, les écoutait… Car Gautier est non-voyant depuis l’âge de 3 ans. « Lorsque Patrick Montel (un journaliste de France télévisions) commentait les courses de Carl Lewis, c’était comme si j’y étais ! ». C’est donc décidé, Gautier fera comme Carl ! De l’athlétisme. Mais du fait de son handicap, c’est en paralympique que Gautier court. À bientôt 25 ans, il s’entraîne aujourd’hui à Paris, à raison de 10 heures par semaine. À Pékin, il sera aligné sur 100, 200, 4 x 100 et peut-être 400 mètres. Mais lui veut l’or, au moins sur le 100 mètres ! C’est normal, il est plus attendu depuis sa médaille d’argent à Athènes (en 2004) et ses titres de champion du monde et d’Europe, acquis respectivement en 2006 et en 2005.
Pour gagner, Gautier ne sera pas seul. Il sera assisté par ses deux guides voyants : Edgar Onezou sur le 100 mètres et François Guérin sur le 200. « Si le guide doit courir aussi vite que nous, l’aspect sportif n’est pas le plus important. Avant d’être deux athlètes, nous sommes avant tout deux amis ». C’est aussi ça, l’esprit du sport.

 

YOANN DORION