Si le rapport contient 70 propositions, l’une d’entre elles provoque un débat agité. Il s’agit de la possibilité, pour les juges, de mettre en prison un délinquant à partir de l’âge de 12 ans, contre 13 actuellement. Une mesure qui s’appliquerait en cas d’implication dans une affaire criminelle (violences contre les forces de l’ordre, agression sexuelle etc.). Le rapport est à peine remis que, déjà, plusieurs professionnels de la justice le dénoncent. « On est en contradiction avec la Convention internationale des droits de l’enfant qui prévoit des institutions spécialement conçues pour les enfants », s’insurge Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats (USM). Beaucoup demandent donc, à côté de la prison, des mesures qui favorisent le dépistage précoce des comportements violents, et un véritable accompagnement des familles en difficulté. Car les auteurs du rapport ne s’arrêtent pas là. Ils proposent des peines de prison de fin de semaine « adaptées » aux mineurs. En clair, la semaine à l’école, et le week-end en prison. Mais, n’est-il pas regrettable que les experts en charge du rapport ne s’intéressent pas plus aux causes de la délinquance, plutôt qu’aux moyens de mettre toujours plus de jeunes en prison?

Romain Lecoinque