Depuis 25 ans en Afrique, le virus Ebola réapparaît de temps en temps pour tuer à chaque fois des centaines de personnes. Les malades se vident de leur sang et meurent en quelques jours. Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe aucun vaccin ni aucun médicament pour lutter contre ce microbe effrayant.
Aujourd’hui, Ebola est en France, à Lyon. Pas de panique: le virus est étudié dans un des laboratoires les plus sûrs du monde. Mis en service à la mi-octobre, le laboratoire Jean Mérieux (qui porte le nom d’un scientifique français) est classé P4, c’est-à-dire “protection 4”, le niveau de protection le plus élevé. Seuls 6 scientifiques ont le droit d’y travailler… vêtus de scaphandres étanches alimentés en air. Ils se trouvent dans une salle complètement isolée, une sorte de boîte installée dans une boîte plus grande. Pour en sortir, ils doivent d’abord subir plusieurs opérations de décontamination, par exemple être aspergés de produits anti-virus. Tous les déchets des examens sont brûlés par les chercheurs eux-mêmes. Et les terribles virus sont conservés dans des éprouvettes placées dans de l’azote liquide, un produit chimique maintenu à une température extrêmement basse.
D’immenses mesures de précaution ont été prises, dont certaines sont secrètes. Car parmi les risques figure l’attaque de personnes désirant s’emparer de certains virus… C’est pourquoi le laboratoire est surveillé par la police et les services secrets. Certains Lyonnais, voisins du laboratoire, ne sont pourtant pas rassurés : pas facile de vivre à quelques dizaines de mètres des plus dangereux virus du monde.