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« Je suis devenu journaliste pour aller vers les autres »

Guillaume Pajot pose avec sa manette de jeux vidéo : il était tellement fan quand il était petit que son premier travail de journaliste était d’écrire dans un magazine de… jeu vidéo ! (Illustrations : © Guillaumit ; © Jacques Azam ; Photo © Augustine et Charlie).

 

© Jacques Azam

Bonjour Guillaume, qu'est-ce que c'est, un journaliste indépendant ?

Guillaume Pajot : Ça veut dire que je propose mes idées à plusieurs journaux. Là, par exemple, j'ai écrit un article sur la Birmanie, un pays d'Asie, pour le journal Libération. C'est un pays où il est assez dangereux de travailler en tant que journaliste. Ces derniers mois, j'ai écrit plusieurs articles sur ce pays pour plusieurs journaux. Mais attention, ce sont des articles différents avec des sujets et des angles différents. Sinon les rédacteurs en chef des journaux ne seraient pas contents, et les lecteurs non plus !

Quand vous partez en reportage, est-ce que vous partez tout seul ?

Guillaume Pajot : Oui, je pars tout seul car c'est plus discret, on ne se fait pas repérer par les autorités. Parfois, si je vais dans des villages reculés, par exemple, j'y vais accompagné d'un traducteur. Sinon, tout le monde parle un peu anglais en général.

 

Est-ce que vous prenez votre ordinateur avec vous ?

Guillaume Pajot : Dans la journée, j'ai mon calepin pour prendre des notes, je prends des contacts et je rencontre des personnes pour faire des interviews. J'écris tout sur mes carnets (j'en ai des tonnes à la maison !) mais un carnet, ça peut se perdre, se mouiller, s'abîmer… Alors, le soir, quand je rentre à l'hôtel, j'écris tout sur mon ordinateur et j'envoie les informations par mail pour être sûr de ne pas les perdre. Je crains aussi qu'on me confisque mes carnets, si je me fais arrêter par la police !

 

Pourquoi vous avez voulu faire ce métier ?

Guillaume Pajot : J'ai voulu être journaliste car je suis quelqu'un de très timide. Quand j'avais votre âge, je ne voulais pas aller parler à des gens que je ne connaissais pas. C'était très dur pour moi d'aller chercher du pain, par exemple ! Faire ce métier m'oblige à aller vers les autres. Quand j'ai le costume de journaliste, j'ose poser toutes les questions aux personnes que je rencontre !