Depuis hier matin, des dizaines de milliers d’habitants de la bande de Gaza, en Palestine, traversent la frontière vers l’Égypte. Dans la nuit, des brèches ont été ouvertes dans le mur de six mètres de haut qui sépare les deux territoires, permettant aux Palestiniens de venir se ravitailler en carburant et en nourriture dans le pays voisin. Car depuis le début de la semaine, Israël impose un blocus total, bloquant l’entrée du carburant et de la nourriture sur la bande de Gaza. Pour l’armée israélienne, il s’agit de répondre à des tirs de roquette palestiniens. Résultat : c’est la panique sur ce territoire pauvre de plus de 1,5 million d’habitants. Les maisons sont plongées dans le noir une grande partie du temps et les files d’attente s’allongent devant les boulangeries et les épiceries. Craignant d’être rapidement à cours d’aliments de base, les habitants ont donc décidé de forcer le passage vers l’Égypte. Jusqu’à présent, la police égyptienne a laissé entrer librement les milliers de palestiniens. Pour le président égyptien, Hosni Moubarak, ce mouvement de foule ne représente aucun danger : « J’ai dit aux policiers de les laisser entrer, tant qu’ils ne portent pas d’armes, pour qu’ils puissent manger et acheter des produits alimentaires et puis retourner chez eux. »

Tiphanie Truffaut