L’@ctu du jour

Depuis le 15 mars, des manifestations ont lieu presque tous les jours en Syrie. Mais la plupart ont été réprimées violemment : depuis le début de la contestation, entre six cents et sept cents personnes sont mortes. La situation devient critique, au point que Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) a incité le président syrien Bachar el-Assad à écouter son peuple. Mais le chef d’État n’a pas suivi son conseil puisqu’il a autorisé les autorités syriennes à bombarder mercredi les villes de Homs et de Banias. Dix-neuf personnes ont été tuées, dont un enfant de huit ans.
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Les Syriens manifestent bien qu’ils n’en aient pas le droit !

Le lundi 9 mai, des centaines de femmes ont manifesté à Banias, au nord-ouest du pays. Elles réclamaient la libération des gens de leur famille (maris, enfants, etc.) arrêtés abusivement par les autorités syriennes. Leur demande a été en partie écoutée puisque l’armée a libéré toutes les personnes âgées de plus de quarante ans. Mais quatre cents autres sont encore retenues prisonnières dans le stade municipal de la ville de Banias. Ces personnes ont été emprisonnées parce qu’elles n’ont pas respecté la loi sur l’état d’urgence (voir mot du jour) qui interdit toute manifestation.

La répression continue

Les manifestants réclament aussi le départ du président Bachar el-Assad, qui fait régner la terreur depuis son élection en 2000. Il a pris la suite de son son père, Hafez el-Assad, qui est resté au pouvoir pendant trente ans. Mais le chef d’État ne veut pas démissionner : il estime que, sans lui, le pays sombrerait dans un grand désordre, qu’il ne pourrait plus être gouverné. Bachar el-Assad a pourtant fait quelques efforts : il a formé un nouveau gouvernement et a promis que la loi sur l’état d’urgence serait supprimée. Mais le pouvoir continue de répondre aux manifestations par la violence et l’armée n’hésite pas à bombarder les villes ou à tirer sur la foule.
À la différence de la Tunisie ou de l’Égypte, les militaires ne sont pas ralliés aux manifestants. Ils n’hésitent pas à tirer sur les gens. Des chars sont postés à la sortie des grandes villes. La population est également surveillée par la police.
Manifester demande donc beaucoup de courage. Mais la liberté n’a pas de prix pour ces gens qui souffrent et réclament une vie plus juste.
Clique ici pour consulter notre dossier sur le printemps arabe.

Le mot du jour : état d’urgence

Cette loi, en vigueur depuis 1963, empêche les Syriens de se réunir ou de se déplacer librement. Ils sont surveillés, et ceux qui critiquent le régime sont emprisonnés. De nombreuses personnes sont en prison pour ces motifs en Syrie. Les manifestants réclament la libération de ces personnes emprisonnées abusivement. Cette loi était aussi appliquée en Égypte et en Algérie.

Le dico du jour

Répression* : On parle de répression lorsqu’une personne est empêchée par la force ou la violence de manifester ou de s’exprimer.

Le quiz du jour

1 – Quand les manifestations syriennes ont-elles commencé ?
– Le 15 mars
– Le 1er janvier
– Il y a trois mois
2 – De quand date la loi sur l’état d’urgence ?
– 2011
– 1963
– 2000
3 – Quelle ville de Syrie a été bombardée mercredi ?
– Damas
– Homs
– Deraa