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Alban Michon, l'explorateur des glaces !

Pendant plus de 50 jours, Alban Michon a traversé à pied et à skis la banquise du nord du Canada, sur près de 1 000 km. C'était la première fois que cet explorateur français partait seul en expédition. © Andy Parant.

© Andy Parant

1jour1actu : Bonjour Alban. Expliquez-nous : c'est quoi, aujourd'hui, être explorateur ?

Alban Michon : Être explorateur, c'est un vrai métier. On ne part pas en exploration seulement pour notre plaisir ou par goût de l'aventure. Derrière chaque expédition, il y a un but scientifique ! Et puis, partir en exploration, ça coûte beaucoup d'argent (des milliers d'euros). Et surtout, ça demande beaucoup de préparation : il faut compter au moins 1 an de préparation pour… 1 mois d'expédition !

Mais, notre planète a t-elle encore besoin d'être explorée aujourd'hui ?

Alban Michon : Bien sûr ! Même si on ne découvre plus de continents, comme le faisaient les explorateurs il y a des centaines d'années. Mais aujourd'hui, il reste des régions du monde qui sont très difficiles d'accès et que l'on connaît mal. Comme le pôle Nord, ou les grands fonds marins, par exemple. Très peu de scientifiques s'y rendent. Le rôle des explorateurs d'aujourd'hui est donc d'y aller pour faire de nouvelles découvertes, à la demande des scientifiques.

Racontez-nous votre dernière expédition…

Alban Michon : Il y a 3 mois, je suis parti dans le nord du Canada. Pendant plus de 50 jours, j'ai  traversé le “passage du Nord-Ouest”, seul et à pied. Ce trajet relie l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. À cet endroit, la mer est gelée et forme une épaisse couche de glace. Sauf en été, quand la banquise fond : des bateaux de marchandises empruntent alors ce passage, pour passer d'un océan à l'autre.

Pourquoi vous vous êtes rendu là-bas ?

Alban Michon : Je voulais voir à quoi ressemble ce chemin aujourd'hui, et comprendre comment il se transforme. À cause du réchauffement climatique, la glace du passage fond un peu plus chaque année. Cet endroit de l'Arctique sera probablement complètement dégelé dans 20 ans. D'ailleurs, j'ai dû mettre fin à mon expédition plus tôt que prévu, car la glace commençait à fondre beaucoup, et marcher devenait dangereux…

Qu'est-ce qui était le plus dur pendant cette expédition ?

Alban Michon : Le manque de confort et le froid extrême ! Je dormais sous une tente minuscule. Et bien évidemment, il n'y avait ni toilettes ni douche. Je ne me suis lavé que 2 fois en 2 mois et avec des lingettes. En même temps, lorsqu'il fait jusqu'à -55 °C, on n'a pas trop envie de se déshabiller ! Et comme il n'y avait pas de W.-C., la nuit, je me mettais dans mon duvet bien au chaud et je faisais pipi dans une boîte, que je gardais ensuite près de moi pour me réchauffer. C'est aussi ça l'aventure !

Propos recueillis par Dakota Gizard

Découvre d'autres anecdotes sur l'expédition d'Alban Michon en Arctique, en cliquant sur les photos ci-dessous.