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Des collégiens jouent les apprentis archéologues

Adam, 11 ans, en 6e option archéologie et Fanny, étudiante en archéologie sur le site de fouilles des Crassées en juin dernier. (© Estelle Faure)

 

« Ça, c'est un os cassé ? » demande Adam, 11 ans. Avec Fanny, étudiante en archéologie, ce collégien participe à des fouilles sur le site des Crassées à Saint-Dizier. Penché sur un tas de petits os, il enlève la terre avec un pinceau pour mieux les voir. Avec des archéologues et des bénévoles, Adam et ses 17 camarades de 6e fouillent pendant plusieurs jours les vestiges d'un ancien cimetière et d'une villa gallo-romaine. Ces restes datent parfois de plus de 2 000 ans !

Les outils des apprentis archéologues ressemblent parfois à ceux du dentiste ! Il y a par exemple une grande tige en fer qui permet de gratter le sol délicatement. (© Estelle Faure)

De vraies fouilles

Ces apprentis Indiana Jones suivent l'option archéologie de leur collège à Saint-Dizier. Durant l'année, environ 2 heures par semaine, ils ont exploré cet univers avec leur enseignant d'histoire et un archéologue de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

Ils ont par exemple rencontré un archéozoologue (spécialiste des animaux) ou encore un lithicien (spécialiste des outils en pierre taillée). Et l'archéologie, ils n'en parlent pas qu'en histoire ! En musique et en art, ils ont par exemple créé des instruments préhistoriques. Ensuite, ils se sont entraînés à fouiller dans un bac installé… au collège. Avant de creuser pour de vrai sur le site des Crassées. Tous ces savoirs, les enfants les ont aussi transmis à des élèves de maternelle au cours de l'année.

Découvert au 19e siècle, le site des Crassées est fouillé chaque année par des archéologues de l'Inrap, des étudiants et des habitants depuis 2011. Ils ont déjà trouvé près de 800 squelettes ! (© Estelle Faure)

Une option qui plaît

Cette option originale existe depuis 4 ans au collège. « Elle apprend la patience aux élèves. Ça leur montre différents métiers pour plus tard. Même s'ils ne deviennent pas archéologues, ils voient qu'ils ont besoin des sciences au quotidien. Ça les pousse à s'intéresser aussi à leur patrimoine, à leur ville », explique Laurent Bastien, professeur d'histoire. L'option a du succès auprès des élèves : pour la rentrée, il y avait plus de candidats que de places !

De son côté, Adam en est sûr : il veut être archéologue. « C'était un peu compliqué au début mais j'aime bien fouiller, découvrir des choses, me poser des questions sur les squelettes, imaginer à quoi ça ressemblait ici avant… »  En archéologie, il dit être « beaucoup plus motivé, plus déter'. On s'amuse en creusant. Si l'an prochain je pouvais refaire l'option archéologie, je le ferais ! »

 

Estelle Faure