C’est le jour de la rentrée pour Fatima, Henia et Mokhtar. Pourtant, ils n’ont plus l’âge d’être écoliers : ils ont plus de 50 ans. Depuis l’an dernier, ils apprennent à lire et à écrire, à l’association Diapason à Toulouse, dans le sud de la France.

Alphabétiation Toulouse

« Maintenant, j’arrive à recopier des mots », confie Henia, 65 ans (© S. Laboucarie).

Ne pas savoir lire est un handicap

Henia, 65 ans, vit en France depuis 1993. Avant, elle habitait au Maroc. « Je ne suis jamais allée à l’école. Pour mes parents, les filles n’en avaient pas besoin : elles se mariaient et avaient des enfants. On est handicapé quand on ne sait ni lire ni écrire. Je dois toujours demander de l’aide, même pour lire mon courrier. » Mokhtar, 71 ans, confirme : « Aujourd’hui, pour faire un plein d’essence, il faut savoir lire les phrases sur la machine ! » Pour Fatima, 56 ans, le plus difficile, ce sont les devoirs de sa fille de 9 ans : « Je veux pouvoir l’aider ! »

Tenir un crayon pour la première fois

Les cours ont lieu deux fois par semaine et durent une heure et demie. « Pour les grands débutants, on commence par leur faire reconnaître les lettres de l’alphabet, puis lire des syllabes. Parfois, il faut d’abord apprendre à tenir un crayon : pour certains, c’est la première fois ! », explique Cathie El Tamer, bénévole de l’association.

Indispensable pour trouver du travail

Après un an de cours, la vie d’Henia a déjà un peu changé : « Maintenant, dans la rue, j’arrive à reconnaître une adresse. » Remplir un chèque, lire une étiquette, trouver son chemin sur un plansavoir lire et écrire, c’est indispensable au quotidien, mais aussi pour travailler. « Aujourd’hui, même une femme de ménage a besoin de savoir lire et écrire, souligne Cathie El Tamer. Elle doit pouvoir comprendre les consignes écrites que son chef lui laisse. »
Sandra Laboucarie
Source chiffrée : Unesco, 2012