C’est quoi, i-Télé ?

I-Télé est une chaîne d’information en continu : 24 heures sur 24, elle informe les téléspectateurs en diffusant uniquement des journaux d’information, des reportages.
C’est une chaîne privée : elle appartient à une entreprise, Vivendi, et non à l’État, contrairement au groupe France Télévisions.
Le patron de Vivendi, Vincent Bolloré, est un homme d’affaires très riche : il est la 9e plus grande fortune de France ! Son entreprise possède également d’autres chaînes de télévision : C8, CStar et Canal +.

Les grévistes réclament le départ de Jean-Marc Morandini

En France, plusieurs médias (journaux, radios, télévision) appartiennent à de riches hommes d’affaires, qui peuvent être tentés d’influencer le travail des journalistes pour défendre leurs propres intérêts.
Or, selon les journalistes d’i-Télé, Vincent Bolloré intervient trop dans leur travail.
Ils lui reprochent notamment d’avoir embauché il y a un mois l’un de ses amis, Jean-Marc Morandini, pour présenter une nouvelle émission. Les journalistes d’i-Télé s’opposaient à l’arrivée de cet animateur sur leur chaîne, car il est soupçonné par la justice. C’est ce qui a déclenché la grève, le 17 octobre.
Depuis, la direction de la chaîne a activé la clause de conscience : les journalistes qui ne souhaitent pas travailler avec ce nouvel animateur ont la possibilité de quitter i-Télé en échange d’une somme d’argent.
À ce jour, une trentaine de journalistes ont préféré partir.

Les journalistes demandent aussi plus de liberté et d’indépendance

De manière générale, les journalistes d’i-Télé estiment qu’ils ne sont pas libres et indépendants.
En plus du départ de Jean-Marc Morandini, les grévistes réclament la nomination d’un nouveau directeur de la rédaction Actuellement, le directeur de la rédaction d’i-Télé est aussi le directeur général de l’entreprise : il supervise le travail des journalistes, tout en gérant les aspects économiques de la chaîne. Il est donc en lien direct avec le propriétaire de la chaîne, Vincent Bolloré.
Or l’indépendance d’une rédaction est essentielle à la liberté de la presse, parce qu’elle garantit aux journalistes le droit d’enquêter ou de diffuser des reportages sans que le propriétaire du média intervienne.
D’ailleurs, une nouvelle loi sur la liberté et l’indépendance des médias vient d’être promulguée : elle oblige notamment les entreprises de presse à rédiger une charte déontologique qui devra garantir l’autonomie des journalistes. C’est une bonne nouvelle pour les journalistes d’i-Télé, qui réclament depuis le début de la grève la signature de cette charte.

29e jour de grève

Lundi 14 novembre, la ministre du Travail Myriam El Khomri et la ministre de la Culture Audrey Azoulay ont reçu la direction d’i-Télé pour tenter de trouver un accord afin de mettre fin à ce conflit. En attendant les résultats de cette réunion, les salariés d’i-Télé avaient voté la poursuite de la grève pour la 29e journée consécutive.

Anne-Laure Thomas